L’Académie Vassilieff
Fernand Léger professeur
Marie Vassilieff naît en 1884 à Smolensk, fille d’un propriétaire terrien. Elle interrompt ses études de médecine en 1903 pour entrer à l’Académie impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg. En 1905, une bourse de la tsarine lui ouvre les portes de Paris, de Munich, de l’Italie et de l’Espagne. Au Salon d’Automne de 1908, la révélation Matisse est immédiate. Elle le convainc de la prendre comme élève dans son Académie du 33 boulevard des Invalides.
Ces années de formation sont denses en rencontres : Max Jacob, le couturier Paul Poiret, le critique André Salmon et même le Douanier Rousseau qui la demande en mariage. En novembre 1912, elle ouvre l’Académie Vassilieff dans une impasse donnant sur le 21 avenue du Maine. L’institution est d’emblée cosmopolite. Hommes et femmes y travaillent ensemble.

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Le vendredi, un modèle noir et un modèle blanc posent simultanément, accompagnés de musique. Les élèves se corrigent entre eux, sans examen. Fernand Léger est du nombre des conférenciers. Le 5 mai 1913, il tient sa première conférence, Les origines de la peinture contemporaine et sa valeur représentative, déclarant : « La valeur réaliste d’une œuvre est parfaitement indépendante de toute qualité imitative. » Le 9 mai 1914, il revient pour Les réalisations picturales actuelles. Apollinaire rend grâce aux artistes étrangers qui viennent à Paris chercher des règles esthétiques et y apporter leur regard neuf. Cocteau, Paul Fort, André Gide, Max Jacob suivront à la tribune.

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Vassilieff est aussi une ambassadrice de l’art moderne en Russie. Au printemps 1909, dans le numéro 6 de la revue La Toison d’Or, elle publie un article sur Matisse qui retient l’attention du collectionneur Chtchoukine, lequel acquiert ensuite ses œuvres. À l’été 1913, elle emmène ses élèves travailler en Espagne : Fontarabie, Pasajes, Saint-Sébastien. Le Paysage espagnol de 1915 en témoigne avec éclat. Les grandes études de nu au fusain rappellent le travail quotidien de cet atelier libre, avec les modèles africains en discobole ou au javelot. Le bal annuel de 1914 est immortalisé dans un projet d’affiche. La déclaration de guerre sonne la fin de l’Académie. Vassilieff passe son diplôme d’infirmière et tente de s’engager comme ambulancière à la Croix-Rouge.